Nécessité de l’analyse de la structure du capital

Vous avez peut-être entendu dire que l’objectif ultime de toute organisation est de maximiser la richesse des actionnaires en générant des profits plus importants. Et il est impossible de viser une croissance durable et constante des bénéfices sans gérer efficacement les coûts. C’est de cette exigence prédominante que la structure du capital et son étude tirent leur importance.

 

Qu’est-ce que la structure du capital et pourquoi est-elle importante ?

La structure du capital, dans les termes les plus simples, fait référence à la proportion de la dette et des capitaux propres représentant le capital total de l’entreprise qui est nécessaire pour financer les investissements et les activités opérationnelles quotidiennes.

 

La nécessité de décider d’une structure du capital appropriée découle du fait qu’il est généralement moins coûteux d’obtenir un financement par la dette par rapport aux capitaux propres. Les entreprises doivent donc veiller à employer une proportion de dette, dont le coût ne dépasse pas le rendement de l’investissement, laissant ainsi une plus grande part de rendement aux actionnaires. Une telle analyse, nous l’appelons  » analyse de la structure du capital « .

Déterminer la structure du capital la mieux adaptée est tout aussi pertinent pour les petites entreprises que pour les grandes sociétés. La structure de capital idéale établit un équilibre entre le risque et les rendements en cherchant à maximiser le prix de l’action tout en minimisant le coût du capital.

 

De plus, elle influence également le profil de risque des organisations, leur capacité et à obtenir des financements et leur coût, leur résilience aux ralentissements économiques et industriels, leur attrait pour les différentes parties prenantes et leur retour sur investissement attendu.

 

Quelques théories sur la structure du capital

 

Proposition Modigliani Miller 

Bien que cette théorie ait été remplacée par plusieurs théories modernes, l’étude de l’analyse de la structure du capital ne peut être complète sans comprendre l’approche MM. Elle explique la relation fondamentale entre la structure du capital et le coût des capitaux propres, introduisant l’impact des impôts et de la détresse financière.

 

Proposition I de MM (sans taxes) :  La valeur de l’entreprise n’est pas affectée par la structure du capital VL = VU 

Proposition I de MM (avec taxes) : La valeur est maximisée à 100% d’endettement VL=VU +(t*d) 

Proposition II de MM (sans taxes) : Le coût des capitaux propres augmente linéairement lorsque la proportion de la dette augmente Ke=Ko+ D/E*(Ko-….Kd) 

MM proposition II (Avec taxes) : Le CMPC en minimisé à 100% de dette Ke= Ko+ D/E*(Ko-Kd)*(1-t)

Proposition I du MM (sans impôts) : En l’absence de taxes, la valeur de l’entreprise reste non affectée par la structure du capital puisque l’intérêt sur la dette ne fournira aucun bouclier fiscal. Par conséquent, l’entreprise est indifférente au financement par la dette et par les capitaux propres.

MM Proposition I (avec taxes) : Avec l’introduction des taxes, les avantages de l’économie d’impôt sur les intérêts seront maximaux lorsque la proportion de la dette est maximisée. Selon cette proposition, la structure du capital est optimale à 100 % de dette.

MM Proposition II (sans taxes) : La dette est généralement moins chère que les capitaux propres. Cependant, l’augmentation des proportions de la dette dans la structure du capital rend l’entreprise encline au risque, ce qui entraîne une augmentation correspondante du coût des capitaux propres. Cette augmentation compense les avantages de la dette à moindre coût d’une manière telle que le WACC reste constant.

M Proposition II (avec taxes) : Cette proposition suggère également que dans un scénario où la taxation existe, inclure 100% de dette dans le capital est la structure optimale en raison du bouclier fiscal sur les intérêts.Une distinction significative entre les théories de la proposition II est que dans le scénario sans taxe, le WACC reste constant pour diverses proportions de dette et de capitaux propres en raison de l’absence d’avantage fiscal sur les intérêts. Alors que dans ce dernier, le WACC continue de diminuer à mesure que la proportion de dette augmente puisque les avantages des économies d’impôt sont efficacement exploités.

 

Théorie du compromis statique

Comme son nom l’indique, cette théorie cherche à échanger le coût des risques et des expositions avec les avantages d’économie d’impôt du recours à la dette. Elle soutient qu’il existe une proportion optimale de dette pour une structure de capital optimale.

 

Structure cible du capital

La structure cible du capital est mieux définie comme un concept de flux plutôt que comme un concept de stock. Il s’agit de la structure que l’organisation utilise sur une période de temps tout en prenant des décisions sur la levée de capitaux supplémentaires. Il n’existe pas de chiffre strict suggérant une structure cible. Cependant, il s’agit généralement d’un mélange qui offre une maximisation de la valeur tout en maintenant les coûts au minimum.

 

Dans la pratique, la structure réelle de l’entreprise ne fait qu’osciller autour de la structure cible. Cela s’explique principalement par deux raisons :

 

La direction veut exploiter les opportunités existantes :

Les actions peuvent se négocier à des prix plus élevés, tentant l’entreprise d’émettre plus d’actions. Ainsi, cela conduit à une proportion plus élevée de capitaux propres.

Les fluctuations de la valeur de marché :

Le poids des actions et des obligations est déterminé par sa valeur de marché. Comme les fluctuations de la valeur marchande se produisent constamment, la structure réelle de l’entreprise flottera toujours autour de la cible.