Le versement du salaire est une obligation fondamentale de l’employeur. En France, le Code du travail impose une périodicité mensuelle du paiement : il ne peut s’écouler plus d’un mois entre deux versements. Ce principe, inscrit à l’article L3242-1, protège le salarié contre des délais de paiement excessifs. Comprendre cette règle et savoir réagir en cas de retard évite stress et complications financières.
Le cadre légal : paiement mensuel et délai maximum d’un mois
L’article L3242-1 du Code du travail précise que le salaire est versé mensuellement, sauf exceptions prévues par la loi ou la convention collective. Concrètement, cela signifie que l’employeur doit s’assurer qu’aucune période travaillée ne reste non payée au-delà d’un mois. Par exemple, un salaire correspondant au mois de janvier doit être versé avant la fin de février au plus tard, sauf si un accord collectif ou une pratique différente, encadrée, est applicable.
Modalités de paiement et preuves
Le virement bancaire est la modalité la plus courante et la plus claire pour établir la preuve du paiement. La remise d’une fiche de paie est également obligatoire et constitue une preuve détaillée des éléments de rémunération. Conservez fiches de paie, relevés bancaires et échanges écrits avec l’employeur : ces pièces seront essentielles en cas de contestation ou de procédure.
Cas particuliers : conventions collectives et fonction publique
Certaines conventions collectives fixent une date de paie précise (par exemple le 25 de chaque mois). La fonction publique suit des calendriers spécifiques. Dans ces cas, l’employeur doit respecter les dispositions applicables au secteur. Si une convention prévoit une date précise, un retard peut constituer une violation contractuelle plus facilement sanctionnable.
Que faire en cas de retard ?
Si votre salaire n’est pas versé à la date habituelle, commencez par contacter le service des ressources humaines ou la personne en charge de la paie. Il peut s’agir d’un simple incident bancaire ou d’une erreur administrative. Si aucune réponse satisfaisante n’est obtenue, envoyez une mise en demeure par courrier recommandé avec accusé de réception ou par courriel si cette modalité est acceptée dans votre entreprise.
La mise en demeure doit être précise : indiquer la période non payée, le montant dû et demander le versement sous un délai raisonnable (par exemple 8 jours). Si l’employeur reste silencieux ou refuse de payer, vous pouvez saisir l’inspection du travail et, en dernier ressort, le conseil de prud’hommes pour obtenir le paiement forcé et d’éventuelles dommages et intérêts.
Pièces à rassembler
- Contrat de travail et avenants éventuels
- Fiches de paie des mois précédents
- Relevés bancaires prouvant l’absence de virement
- Copies des échanges (mails, messages, comptes rendus)
- La mise en demeure envoyée et l’accusé de réception
Calendrier et exemples pratiques
| Période travaillée | Date de paie habituelle | Date limite légale |
|---|---|---|
| Mois de janvier | 5 février | Pas de paiement au-delà du 5 février (ou au plus tard un mois après la fin de janvier) |
| Mois de février | 28 février | Au plus tard fin mars si mensualisation classique |
| Mois de mars | 10 avril | 10 avril au plus tard si la date est contractuellement fixée |
Modèle simple de mise en demeure
Madame, Monsieur,
Je vous informe que je n’ai pas reçu le paiement de mon salaire relatif à la période du [date début] au [date fin], d’un montant de [montant] euros. Je vous demande de procéder au versement sous huit jours à compter de la réception de la présente. Faute de régularisation, je me verrai contraint(e) d’engager les démarches nécessaires, notamment auprès de l’inspection du travail et du conseil de prud’hommes.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
Recours et sanctions possibles
Le non-paiement des salaires est une faute grave de l’employeur qui peut entraîner des sanctions civiles et pénales. Le salarié peut demander le paiement des sommes dues, des intérêts de retard et, selon les circonstances, des dommages et intérêts pour préjudice subi. En cas d’absence de paiement persistant, la rupture judiciaire du contrat pour non-paiement peut être envisagée, ouvrant droit à des indemnités pour licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Conseils pratiques
Gardez toujours des traces écrites, agissez rapidement et privilégiez la voie amiable dans un premier temps. Renseignez-vous sur votre convention collective et n’hésitez pas à contacter un représentant du personnel, un syndicat ou l’inspection du travail pour obtenir des conseils. En cas d’urgence financière, informez vos créanciers et recherchez des aides sociales temporaires si nécessaire.
Le respect du délai mensuel est une exigence légale : un employeur ne peut pas faire de l’irrégularité de paiement une habitude. Savoir vos droits et les démarches à suivre vous permettra de réagir efficacement et de défendre vos intérêts.





