En 2026, la fiscalité du dirigeant français reste l’une des plus complexes d’Europe. Entre les charges sociales qui dépassent 80 % en SAS, la flat tax à 31,4 % avec CEHR sur les dividendes et l’impôt sur les sociétés à 25 %, le revenu net fond. Trois leviers légaux, encadrés par le Code général des impôts et la jurisprudence, permettent pourtant d’augmenter ce net de 15 à 30 % sans alourdir les charges.
1. Optimiser le mix salaire / dividendes selon son TMI
Pour un dirigeant en SAS, le couple salaire / dividendes reste l’arbitrage de base. La règle empirique : viser un salaire correspondant au plafond annuel de la sécurité sociale (PASS 2026 = 48 060 €), puis basculer le surplus en dividendes.
Cette règle bouge selon le TMI. À 30 %, la préférence va vers les dividendes. À 41 %, la flat tax devient plus avantageuse que le barème IR. À 45 % avec contribution exceptionnelle sur hauts revenus, la flat tax à 31,4 % reste plus douce que les 49 % marginaux du barème. Le bon repère reste le net disponible après tous prélèvements, jamais le brut.
2. Activer une redevance de marque sur sa propre marque
Pour un dirigeant propriétaire d’une marque déposée à l’INPI, la redevance consiste à percevoir une rémunération en contrepartie de l’utilisation de cette marque par sa société. Le dispositif repose sur l’article 39-1 du CGI (déductibilité côté société) et sur l’article 50-0 du CGI (imposition en BIC non professionnel sous régime micro-BIC chez le dirigeant, plafond 83 600 € pour 2026 à 2028, abattement forfaitaire de 50 %).
Pour sécuriser le montage et écarter le risque de requalification (CAA Paris, arrêt Lancaster, novembre 2024), la redevance doit être forfaitaire, adossée à une valorisation conforme à la norme ISO 10668, et venir en complément du salaire, jamais en substitution. Aucune cotisation URSSAF ni SSI n’est due ; seuls les prélèvements sociaux à 18,6 % s’appliquent, sur la base imposable après abattement.
Sur une PME à 1 M€ de chiffre d’affaires, une redevance correctement valorisée représente 25 000 à 40 000 € de gain net annuel selon le TMI. Un cabinet comme RemUp accompagne la mise en place, du dépôt INPI à la valorisation ISO 10668.
3. Capitaliser via une holding patrimoniale
Troisième levier, plus structurant : créer une holding qui détient les titres de la société d’exploitation. Avec le régime mère-fille (article 145 du CGI), les dividendes remontent quasi-exonérés ; seule une quote-part de 5 % est imposable, soit 1,25 % d’impôt effectif.
Le dirigeant peut alors réinvestir dans d’autres actifs, préparer une transmission via le Pacte Dutreil et son abattement de 75 % (article 787 B du CGI), ou bénéficier de l’apport-cession (article 150-0 B ter) pour reporter l’imposition lors d’une cession future.
En combinant ces trois leviers, un dirigeant peut récupérer 20 000 à 80 000 € de revenu net supplémentaire par an.





